Histoire de la collégiale.

lundi 17 juillet 2006
par Bailly Eric

Histoire de la collégiale
Le 04 août 1205, Vibert, chapelain d'un seigneur Picard, Aléaume de Fontaines arrive à Longpré. Il vient de Constantinople, porteur d'un trésor qu'en ces âges de foi ardente on prise entre tous: ce sont de précieuses reliques. On annonce que le lointain messager approche et l'évêque d'Amiens lui-même, Richard de Gerberoy, vient solennellement à sa rencontre pour recevoir l'inestimable dépôt.

Dans la distribution du riche butin que les croisés se partagèrent, Aléaume avait obtenu ces pieux souvenirs et il avait voulu en enrichir la collégiale de Longpré fondée par lui avant son départ pour la croisade. Le chevalier Picard est d'illustre maison, apparentée aux Comtes de Ponthieu. Il prend la croix avec Philippe Auguste, se conduit vaillamment à St Jean d'Acre, reste en Orient après le départ du roi, puis il rejoint à Constantinople l'armée commandée par Villehardouin.

"Le bon chevalier du christ" gagnait Jérusalem, quand après seize années passées en Orient la peste vient le prendre.

 Cette date de 1205, capitale dans l'histoire de Longpré, marque le point de départ de nombreuses donations dont la collégiale est l'objet. Plusieurs Papes et notamment Innocent III et Grégoire IX lui accordent leur protection et l'entourent de leur paternelle sollicitude. Aux reliques, Longpré les Corps Saints doit sa réputation à travers tout le moyen âge. Les foules croyantes accourent dans son sanctuaire. De nos jours encore quelques reliques échappées aux outrages du temps et des révolutions, attirent les hommages des fidèles picards, et chaque année, le 8 septembre, la procession des reliques se déroule imposante dans ce joli bourg pittoresquement situé au milieu des tourbières, au confluent de l'Airaines et de la Somme.  

 

de Fontaines

Aléaume de Fontaines fonde la première prébende en 1190. dans l'acte de fondation, figurent les tourbes d'un marais dont le chanoine aura l'usage. a cette époque reculée, on exploitait donc déjà les tourbières qui font la richesse de la Somme. L'église collégiale, malheureusement fort mutilée, fort remaniée, date de cette époque; car certains caractères de la sculpture ne permettent pas d'en reculer la date avant les dernières années du XII ème siècle; nous verrons même plus loin qu'elle n'avait sans doute pas reçue encore son complet achèvement. Après la mort d'Aléaume, sa veuve Laurette de St Valéry et son fils Hughes créent de nouvelles prébendes.

Le Comte de Ponthieu désirait posséder une de ces reliques qui étaient la gloire de Longpré, en échange il offre une côte de Saint Vulfran, mais ne trouvant pas qu'il a suffisamment acquitté sa dette de reconnaissance, il gratifie à son tour d'une prébende la jeune collégiale. Bientôt l'église compte 12 chanoines. dans la suite, à ces 12 chanoines, viennent se joindre 5 chapelains; puis les deux titulaires aux cures de Longpré et de Wanel, ceux-ci prennent place au chœur avec les chanoines et avec eux récitent les heures canoniales. Dés lors dix-neuf prêtres forment une garde d'honneur auprès des saintes reliques.

Laurette est la pieuse héritière de son mari. Le père Ignace donne sur l'existence qu'elle mène à Longpré les plus édifiants détails. Abandonnant à son fils Hughes le château de Long, elle fixe sa résidence avec ses deux filles auprès de l'église qui possède un si précieux trésor, elle partage son temps entre l'entretien de l'église et la visite des malades, elle étudie la médecine afin de pouvoir les mieux soulager.

Fondée pour être collégiale, l'église fut uniquement réservée à l'origine aux offices capitulaires, mais en 1365, en vertu d'un accord passé devant l'official d'Amiens entre les paroissiens et le chapitre, celui-ci céda la nef pour l'exercice du culte de la paroisse. La vieille église paroissiale Saint Martin, fut quasi abandonnée, à partir de cette époque on n'y officia plus que deux fois l'année, le 4 juillet et le 11 novembre. De l'église Saint Martin, il ne reste plus rien aujourd'hui, sauf la rue Saint Martin et le Voyeul Saint Martin.

Le chapitre possédait quatorze maisons, treize d'entre elles, groupées autour de l'église ont donné leur nom à la rue actuelle des Cloîtres.

Placé sur la route des invasions du XIV ème siècle, le bourg de Longpré fut incendié deux fois par les Anglais au cours de la guerre de cent ans, la première fois avant la bataille de Crécy, la deuxième fois avant la bataille d'Azincourt. Son église avait cruellement souffert, elle menaçait ruine quand le Pape Eugène IV en 1437, dans un document conservée dans les archives départementales, rappelle ce triste état de chose et accorde de nombreuses indulgences aux fidèles qui feront des aumônes pour la réparation et l'entretien du monument. c'est probablement pour couronner les importants travaux dont la collégiale fut l'objet que l'Évêque d'Amiens en fit en 1505 une consécration solennelle.

De nouvelles guerres amènent de nouveaux désastres. Par leurs ravages, par la terreur qu'ils inspirent, les Huguenots rappellent le souvenir des vieux ennemis héréditaires. A leurs approchent, les habitants de Longpré émigrent en masse, les chanoines se réfugient à Abbeville et deviennent les hôtes de Saint Vulfran. Quand le calme se rétablit, la vieille collégiale d'Aléaume rentre en possession de son chapitre, mais elle a vécu ses beaux jours, ses revenus diminuent peu à peu, les libéralités qu'elle recevait aux âges de foi deviennent insuffisantes ou cessent absolument. A la veille de la révolution, elle ne compte plus que dix chanoines.

 


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