Un terrain d’aviation à Longpré.

lundi 17 juillet 2006
par Bailly Eric

Un terrain d'aviation à Longpré  

  UN TERRAIN D'AVIATION A LONGPRÉ LES CORPS SAINTS :


En bordure de la route qui se dirige de Longpré les Corps Saints vers Quesnoy sur Airaines, un champ grand, plat et uni était utilisé comme terrain d'aviation. Six hangars « Bessonneau » étaient installés pour abriter les avions. Sur l'un des hangars était montée, pour indiquer le sens du vent, la manche à air, appelée la « biroute », et complétée au sol par deux bandes de toile assemblées en « T » pour préciser l'axe d'atterrissage. A côté étaient installés les logements et les bureaux, en partie dans des tentes marabouts, en partie dans des baraques « Adrian ». Une butte de tir, une soute à munitions, une soute à essence, des voitures légères, des camions complétaient l'ensemble.

Aérodrome en région parisienne


Les missions les plus courantes étaient le réglage d'artillerie, l'accompagnement d'infanterie, la photographie du champ de bataille, le bombardement, la chasse aux avions ennemis.
L'escadrille stationnée sur ce terrain, était composée en octobre 1914, de 6 avions, 9 pilotes, 9
observateurs et 9 mécaniciens. A cette époque, le moteur nécessitait une révision générale après une trentaine d'heures de vol.
L'escadrille a un numéro attribué en permanence avec un sigle dont les premières lettres indiquent le type d'avion utilisé.


En octobre 1914, l'escadrille H F - 28 (Henri Farman)
En mars 1915, l'escadrille C - 30 (Caudron)
En février 1916, l'escadrille C - 51 (Caudron)
En juillet 1916, l'escadrille M F - 32 (Maurice Farman)
En août 1916, l'escadrille N - 37 (Nieuport)
En septembre 1916, l'escadrille M F - 41 (Maurice Farman)
En janvier 1917, l'escadrille N - 62 (Nieuport)
En janvier 1918, l'escadrille V B - 125 (Voisin)                                                                                                                En mars 1918, l'escadrille B R - 29 (Breguet)
En avril 1918, l'escadrille S P A - 85 (Spad)
L'escadrille V B - 125 resta le plus longtemps à Longpré.

Caudron G3


Les avions Voisin sont des avions d'observation ou de bombardement à moteur arrière qui ne peuvent se défendre quand ils sont attaqués par l'arrière, aussi furent-ils utilisés après avril 1916, uniquement de nuit.
Le 11 juin 1918, un avion Voisin triplace s'écrase sur le terrain d'aviation de Longpré les Corps Saints. Tous les occupants sont tués : le sergent pilote GIGET, le mécanicien RIBOIS et l'adjudant observateur LANGEROT. Suite à cet accident, les « Voisin » équipés d'un moteur Peugeot 220 CV, furent interdits de vol et le constructeur Gabriel VOISIN remplaça le moteur défaillant par un Renault 300 CV.
En juillet 1918, l'escadrille était composée de 15 appareils. La base comprenait environ une centaine de personnes.
En septembre 1918, atterrissait au champ d'aviation le D H 10 Amiens MK 3, un avion d'une envergure de 20 mètres, d'une longueur de 12 mètres, équipé de 2 moteurs de 400 CV avec un équipage de 3 hommes, d'une vitesse de 186 km/h, d'un plafond de 4.950 mètres, d'une autonomie de 5 heures, conçu par Geoffrey De HAVILLAND qui avait connu Philippe MARTY à Hendon, fabriqué par Aircraft Manufacturing Company (Airco).
La présence de cet avion à Longpré, rendait hommage à l'aviateur local Philippe MARTY et aussi à la ville d'Amiens.

  LES BOMBARDEMENTS ALLEMAND SUR LONGPRÉ LES CORPS SAINTS:


Le vendredi 12 avril 1918 les avions allemands ”L.V.G ” viennent repérer les campements, les batteries, les dépôts de munitions et les terrains d'aviation. Ils bombardent Longpré et Condé- Folie ayant aperçu des rassemblements. ( “L.V.G” bombardier de jour, un moteur 160 CV mercédès : 130 km/heure, plafond de 3000 m, 2 hommes d'équipage, 68 kg de bombes, poids en charge 1400 kg, envergure 12 m, longueur 7m.).

LVG B1 avec ses pilotes


Les terrains d'aviation allemands étaient situés sur le front Saint Quentin-La Fère et la ligne Cambrai-Le Cateau.
La nuit du dimanche 2 au lundi 3 juin 1918 des bombardements partiels sur Longpré aux alentours du
terrain d'aviation par les “gotha”. (“gotha” bombardier de nuit, 2 moteurs 260 CV mercédès,140 km/heure,
plafond 6400 m, 3 hommes d'équipages, 580 kg de bombes, poids en charge 3900 kg, envergure 23 m, longueur
12 m.). La défense aérienne est organisée par des avions anglais, américains et français qui ont leur camp à
Ergnies et à Longpré.

Friedrichshafen


La nuit du lundi 3 au mardi 4 juin des bombardements sur Longpré où il y a des cantonnements de
troupes et sur le camp d'aviation placé en haut de Longpré sur la route du Quesnoy par les “Friedrichshafen”.
(“Friedrichshafen” bombardier de nuit, deux moteurs 260 CV mercédès,140 Km heure, plafond 4400 m, 3 hommes d'équipage, 1000 kg de bombes, poids en charge 3900 kg, envergure 23 m, longueur 12 m.)
La nuit du dimanche 23 au lundi 24 juin 1918, pleine lune, des bombardements par des “gotha” sur
Longpré et sur le terrain d‘aviation ; 3 maisons sont détruites et une personne est blessée. Les avions allemands attaqués par les nôtres n'ont pu aborder Abbeville et à leur retour ils essaient de bombarder le camp d'aviation de Longpré. Ce bombardement a causé des problèmes aux vitres des bâtiments municipaux. Le 18 novembre 1921, il est alloué 498F pour les vitres de la maison occupée par l'instituteur, 420F pour les vitres de l'école et 1840F pour les vitres de l'église y compris la maçonnerie. La crypte de l'église avait été utilisée comme abri de bombardement et de magasin, la réfection des marches de l'escalier est estimée 278F par l'expert Miannay Victorien le 30 août 1921. (AD 10R771)
La nuit du jeudi 27 au vendredi 28 juin 1918, une dizaine de bombes lancées par des “gotha” tombent dans les entailles.

Bombardier "Gotha"


La nuit du samedi 29 au dimanche 30 juin 1918, des “Friedrichshafen” bombardent des concentrations de troupes et le camp d'aviation de Longpré.
Mardi 16 juillet 1918, à 3 heures de l'après-midi des “L.V.G” bombardent Longpré et le camp d'aviation où 2 avions sont brûlés et un soldat, père de quatre enfants, est tué.
La nuit du vendredi 19 au samedi 20 juillet 1918, les “gotha” bombardent les environs de Longpré.
REMARQUE:
- la gare de Longpré n ta jamais été atteinte par les bombardements en 1918.
- l'usine Saint de Longpré les Corps Saints a marché presque régulièrement pendant les quatre années de
guerre. 200 ouvriers étaient employés au tissage de la toile d'emballage, à la confection de sacs et de bâches. Au moment de la crise du jute, ils confectionnèrent des mannes d'osier pour la guerre. L'usine, contiguë à la gare, ne fut jamais touchée. Les mauvaises langues prétendirent que c'était après accord avec la maison Saint. J'ai entendu un ouvrier anarchiste (selon le Chanoine Le Sueur) oser dire en public que les “Saint” étaient boches, qu'ils avaient des maisons de vente en Allemagne et qu'ils avaient passé un compromis avec l'ennemi pour qu'il épargne leurs usines, en raison des gros intérêts qu'ils avaient dans son pays. Ce bruit, raconté publiquement et autoritairement par ce malandrin, avait dû être lancé et répandu sournoisement par des sectaires ennemis du capitalisme.
- sur les hauteurs qui dominent la gare était installé un hôpital qui renfermait une trentaine de blessés. En 1919, il servait aux soldats au repos qui étaient atteints de grippe, de rhume ou blessés par quelque accident.
BIBLIOGRAPHIE : Chanoine LE SUEUR : ABBEVILLE et son Arrondissement pendant la GUERRE 1914 - 1918 : imprimé en 1927 : pages 50, 95, 170


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